Quatre pages dans Chasseur d’Images de Juin 2026
- laurentbarrera

- 16 mai
- 3 min de lecture
Je ressens beaucoup de gratitude en découvrant le tout nouveau numéro 476 de Chasseur d’Images, tout juste paru (mois de juin 2026).

Un immense merci à toute l’équipe du magazine, et tout particulièrement à Benoît Gaborit pour cet entretien généreux et profondément fidèle à ma démarche photographique. C’est toujours un vrai bonheur de pouvoir échanger avec des personnes qui prennent le temps d’aller au fond des choses et de parler photographie autrement.
Je suis également très touché d’apparaître dans la nouvelle maquette du magazine, dans une rubrique qui porte merveilleusement bien son nom : Inspiration. J’espère sincèrement que ces pages donneront envie aux lecteurs d’explorer à leur tour une photographie plus sensible, plus contemplative, plus attentive au monde.
L’entretien revient notamment sur mes livres Koï, Esthétiques japonaises en photographie et Pleine présence en photographie.
Trois ouvrages différents mais liés par une même recherche : ralentir le regard, accueillir l’imperfection, et retrouver une présence plus profonde dans l’acte photographique.
Pour celles et ceux que ces thèmes intéressent, ce dossier est une belle porte d’entrée pour aller plus loin.
Encore merci à Chasseur d’Images pour cette mise en lumière.

Voici un extrait de l'interview que vous pouvez retrouver dans le magazine, avec les photographies illustrant quatre grands principes esthétiques japonais.
INSPIRATION
ESPRIT JAPON
Mettez du wabi-sabi dans vos images !
“Les esthétiques japonaises ne sont pas des curiosités lointaines, mais des outils puissants pour réinventer notre rapport à l’image, pour photographier autrement, et peut-être même pour voir autrement.” C’est sur ces mots que commence Esthétiques japonaises en photographie, un essai stimulant dans lequel Laurent Barrera nous invite à considérer la prise de vue non plus comme une capture mais comme une réception. Un changement de perspective que l’écrivain et photographe s’est appliqué à lui-même, avec un certain bonheur.
Chasseur d’Images — Pour comprendre votre lien au Japon, il faut d’abord retracer votre parcours professionnel.
Laurent Barrera — J’ai une formation d’ingénieur géologue et j’ai travaillé cinq ans dans ce domaine avant de m’installer comme vigneron en Provence. C’est dans ce cadre que j’ai été amené à faire plusieurs voyages au Japon car c’était notre deuxième marché. Pour illustrer le blog de notre site, je faisais beaucoup de photos à chaque fois que je me rendais sur place : les restaurants, les plats, les gens chez qui on allait, les cavistes, etc. Et au fil des séjours, je me suis rendu compte que mes photos s’éloignaient de plus en plus du reportage pour s’orienter vers des choses plus esthétiques.
Puis, au moment du Covid, vous avez quitté le monde du vin mais sans rompre le lien avec le Japon…
Oui, j’ai décidé de me consacrer à la photographie et à l’écriture avec un premier livre, Koï (ndlr – chroniqué dans CI n° 443), réunissant des photos de carpes koï et imprégné par l’esthétique japonaise. Cela dépassait l’aspect visuel : les images étaient accompagnées de haïkus de Mélanie Bosc et de calligraphies de Keiko Yokoyama San. Ce livre, ça a été le déclic.
Pourquoi ?
Parce que les gens auxquels je présentais Koï, notamment en festival, me demandaient si les photos avaient toutes été faites au Japon. Or, non. Quelques-unes ont été prises au Japon certes, mais, Covid oblige, j’ai photographié la plupart des carpes koï en France, parfois même dans des élevages. Des contextes presque industriels, pas très jolis, mais qu’on ne ressent pas sur les photos, car je me focalisais sur un individu et je misais sur la sobriété pour les compositions. Les spectateurs se projetaient au Japon alors que la photo avait été faite dans un bassin en Provence ou à Carcassonne. Tout en répondant à leurs questions, j’ai commencé à réfléchir à ce qui donnait à mes photos une couleur japonaise. Je me suis intéressé aux esthétiques japonaises et des clubs photo à Lyon ou Saint-Étienne, m’ont demandé de faire des conférences sur le sujet.
Déjà dans Koï, quelques-uns de ces concepts esthétiques étaient présents…
Oui, il y avait le yūgen, l’éloge de l’ombre, parce que beaucoup de mes photos étaient sombres. Le mono no aware, c’est-à-dire la sensibilité à l’éphémère. Et puis le wabi-sabi, la beauté des choses modestes, qui est vraiment un des concepts clés de l’esthétique japonaise. Lors de mes interventions dans des clubs photo, j’ai pu développer ces points et quand, l’année dernière, j’ai été invité à Grenoble à faire une conférence autour de l’œuvre de Michael Kenna, j’ai dû encore pousser mes réflexions. Après cela, je me suis dit que j’avais la matière pour faire un livre sur le sujet. C’est ainsi qu’est né l’essai Esthétiques japonaises en photographie (ndlr - chroniqué dans le n°474 de Chasseur d’Images).
(...)
Propos recueillis par Benoît Gaborit



Commentaires