Uketamo : quand le Japon m’a appris à dire “oui” à la vie
- laurentbarrera

- 9 oct.
- 3 min de lecture
Il existe un mot japonais que j’aurais aimé découvrir bien plus tôt dans ma vie.
Ce mot, c’est Uketamo (受けたも). Il ne signifie pas simplement j’accepte.
Il veut dire : “J’accueille ce qui vient — même si c’est difficile — et je marche avec.”
C’est un mot utilisé par les Yamabushi, ces moines-ascètes des montagnes du Japon. Lorsqu’ils souffrent, lorsqu’ils grelottent dans les cascades glacées, lorsqu’ils trébuchent dans les sentiers nocturnes, ils ne se plaignent pas. Ils prononcent ce mot : Uketamo.
Pas en signe de résignation. Mais comme un cri de guerre intérieur.
Aujourd'hui, je comprend la force de ce mot.

Mon propre parcours — fait de déracinements, de quêtes esthétiques, d’émerveillements et parfois de doutes — m’a conduit à écrire Fragrances du Japon, un livre qui explore le pays non pas par ses clichés mais par ses sensations, ses traditions, ses rituels.
Un livre né non pas parce que tout était clair, mais parce que je ne pouvais plus retenir ce qui voulait sortir.
La vérité ? Ce livre, je l’ai écrit avec mes incertitudes, mes fatigues, mes peurs.
Et à chaque moment de découragement, sans le savoir, je murmurais déjà :
Uketamo. J’accueille ce doute — mais je continue. J’accueille la peur — mais elle marchera à côté de moi, pas devant.
Eric Edmeades, un homme que j'admire beaucoup a un jour dit :
“La plupart des gens abandonnent à quelques pas du sommet… parce qu’ils ne le voient pas encore.”
Je crois que c’est vrai pour les montagnes. Mais aussi pour les projets créatifs. Pour les rêves enfouis. Pour les livres.
Aujourd’hui, je suis à ce moment-là : Le livre est écrit. L’impression est en cours. Il ne reste que quelques pas : La dernière semaine de préfinancement sur Ulule.
And in english :
There is a Japanese word I wish I had discovered much earlier in my life.
That word is Uketamo (受けたも).It doesn’t simply mean I accept.
It means: “I welcome whatever comes — even when it’s hard — and I walk with it.”
It’s a word used by the Yamabushi, the mountain ascetic monks of Japan. When they suffer, when they shiver beneath freezing waterfalls, when they stumble along night trails, they do not complain.They speak this word: Uketamo.
Not as a sign of resignation —but as an inner battle cry.
Today, I understand the power of that word.
My own journey — made of uprootings, aesthetic quests, moments of wonder and sometimes doubt — led me to write Fragrances of Japan, a book that explores the country not through clichés, but through its sensations, its traditions, its rituals.
A book born not because everything was clear, but because I could no longer hold back what wanted to come out.
The truth?I wrote this book with my uncertainty, my exhaustion, my fears.
And in every moment of discouragement, without even realizing it, I was already whispering:
Uketamo.I welcome this doubt — but I keep going.I welcome the fear — but it will walk beside me, not ahead of me.
Eric Edmeades, a man I deeply admire, once said:
“Most people give up just a few steps from the summit… simply because they can’t see it yet.”
I believe that’s true of mountains.But it’s also true of creative projects.Of buried dreams.Of books.
Today, I am standing at that exact moment:The book is written. Printing is underway.Only a few steps remain —the final week of crowdfunding on Ulule.




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