Nouvelle lune, éclipse et Mabon : l’équilibre de l’équinoxe d’automne
- laurentbarrera

- 18 sept.
- 4 min de lecture
Ce 22 septembre, à 19h54, la lune se renouvelle, marquée cette année par une éclipse solaire partielle (invisible depuis nos latitudes, mais néanmoins porteuse de symbolique cosmique). Cette synchronicité renforce la puissance de l’instant : obscurité et lumière s’entrelacent, rappelant à l’homme l’importance de l’équilibre.

L’équinoxe d’automne, que les traditions celtes appellent Mabon, célèbre justement ce moment d’égalité parfaite entre le jour et la nuit. C’est une fête de gratitude, de bilan et de préparation, car la roue de l’année se tourne vers la pénombre hivernale.
Mabon : dernière fête celte de l’année
Mabon clôt le cycle productif de la nature. C’est une période d’achèvement : terminer ce qui a été commencé, récolter les fruits des actions passées, remercier pour l’abondance offerte. Dans la tradition celtique, l’automne est associé à l’Ouest, là où le soleil se couche, symbole de la fin du jour mais aussi du cycle de la vie.
Cette fête est donc un temps de gratitude envers la nature et ses dons, mais aussi une invitation à la réflexion intérieure. Alors que la lumière décline, les Celtes comprenaient que la conscience humaine doit se tourner vers l’intérieur : la sagesse, la méditation, et le cheminement spirituel.
Une symbolique universelle : lumière et obscurité
Durant les six mois qui suivent, les forces cosmiques favorisent le retrait de la matérialité au profit de l’intangible. La nature se dépouille, les arbres se délestent de leurs feuilles, et l’homme est invité à faire de même : laisser tomber ce qui n’est plus nécessaire, pour se préparer à l’hiver intérieur.
La nouvelle lune renforce cet appel au renouveau : elle est la page blanche sur laquelle chacun peut écrire son intention. Quant à l’éclipse, elle agit comme un voile entre deux mondes, un moment de bascule qui invite à l’introspection et à la transformation.
Le miroir japonais : l’équinoxe et les kami
Le Japon aussi connaît une fête sacrée liée à l’équinoxe d’automne : le Shūbun no Hi (秋分の日), jour férié officiel. C’est un moment de respect envers les ancêtres et d’harmonie avec la nature. Les familles visitent les tombes, déposent des offrandes et méditent sur l’équilibre entre la vie et la mort.
Dans la pensée shintō, cet équilibre est lié aux kami (les esprits de la nature et des ancêtres), dont l’harmonie garantit celle du monde. L’équinoxe est donc un pont entre les vivants et l’invisible, rappelant aux hommes qu’ils font partie d’un tout cosmique.
La symbolique rejoint celle des Celtes : la lumière et l’ombre se répondent, et l’être humain est invité à trouver son propre équilibre en s’alignant sur les cycles de la nature.
Invitation personnelle
En ce Mabon, en ce Shūbun no Hi, en ce temps de lune noire et d’éclipse, il est précieux de prendre un moment pour :
remercier pour ce qui a été accompli,
laisser aller ce qui n’a plus lieu d’être,
se recentrer sur la sagesse intérieure,
poser une intention pour les mois de pénombre à venir.
C’est un portail où l’homme, la nature et le cosmos se rejoignent, rappelant que chaque fin contient une semence de renouveau.
Here’s the English translation :
New Moon, Eclipse, and Mabon: The Balance of the Autumn Equinox
On September 22nd, at 7:54 pm, the Moon is reborn, marked this year by a partial solar eclipse (not visible from our latitudes, yet still carrying deep cosmic symbolism). This synchronicity enhances the power of the moment: darkness and light intertwine, reminding humanity of the importance of balance.
The autumn equinox, known in Celtic tradition as Mabon, precisely celebrates this perfect equality between day and night. It is a feast of gratitude, of reflection, and of preparation, as the wheel of the year turns toward winter’s shadows.
Mabon: The Last Celtic Festival of the Year
Mabon closes the productive cycle of nature. It is a time of completion: finishing what has been started, harvesting the fruits of past actions, and giving thanks for the abundance received. In Celtic tradition, autumn is associated with the West, where the sun sets — symbol of both the end of the day and the cycle of life.
This celebration is therefore a time of gratitude toward nature and its gifts, but also an invitation to inner reflection. As the light diminishes, the Celts understood that human consciousness must turn inward: toward wisdom, meditation, and spiritual growth.
A Universal Symbolism: Light and Darkness
During the six months that follow, cosmic forces favor the withdrawal from materiality in favor of the intangible. Nature sheds its leaves, stripping away what is no longer essential, and humans are invited to do the same — to let go of what no longer serves them, preparing for the inner winter.
The new moon strengthens this call for renewal: it is the blank page upon which one may write new intentions. The eclipse, acting as a veil between two realms, offers a liminal moment for introspection and transformation.
The Japanese Mirror: The Equinox and the Kami
Japan also has a sacred festival tied to the autumn equinox: Shūbun no Hi (秋分の日), an official holiday. It is a time to honor ancestors and to seek harmony with nature. Families visit graves, make offerings, and meditate on the balance between life and death.
In Shintō thought, this balance is linked to the kami (the spirits of nature and the ancestors), whose harmony sustains that of the world. The equinox is thus a bridge between the living and the invisible, reminding humanity that it is part of a greater cosmic order.
This symbolism resonates with that of the Celts: light and shadow answer one another, and humans are invited to find their own equilibrium by aligning with the cycles of nature.
A Personal Invitation
At this time of Mabon, of Shūbun no Hi, under this new moon and eclipse, it is precious to take a moment to:
give thanks for what has been accomplished,
release what no longer has a place,
recenter on inner wisdom,
set an intention for the months of darkness to come.
This is a portal where humanity, nature, and the cosmos meet, reminding us that every ending carries the seed of renewal.




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