top of page
Rechercher

Et si on parlait de Néo-japonisme en photographie

  • Photo du rédacteur: laurentbarrera
    laurentbarrera
  • 16 nov.
  • 2 min de lecture

Je reviens tout juste de Grenoble, où j’ai présenté une conférence dans le cadre de la journée d’études internationale “Le Japon dans les arts et la littérature” au Lycée Champollion, devant des chercheurs universitaires, ainsi que Sabine Troncin-Denis, agente européenne de Michael Kenna, des responsables du musée Guimet, de la Médiathèque du patrimoine et de la photographie de Paris, et de nombreux spécialistes du Japon.

ree

Dans cette conférence, j’explore l’influence profonde de l’esthétique japonaise sur la photographie contemporaine, en montrant comment des notions essentielles telles que wabi-sabi, mono no aware, ichigo ichié, ma, hosomi, yūgen, puis l’esprit du zen, ont façonné un regard photographique singulier.

ree

Issu à la fois du shinto, qui sacralise la nature et les forces invisibles, et du bouddhisme zen, qui valorise la simplicité, l’impermanence et la présence au monde, le Japon a développé une sensibilité visuelle unique.


Ces concepts — la beauté de l’imperfection (wabi-sabi), la mélancolie de l’éphémère (mono no aware), l’unicité de l’instant (ichigo ichié), la valeur du vide signifiant (ma), la profondeur mystérieuse (yūgen), puis l’équilibre subtil et discret du Hosomi — constituent un socle qui continue d’inspirer de nombreux photographes occidentaux.


Je montre ensuite comment a émergé un mouvement néo-japoniste en photographie, apparu aux États-Unis au milieu du XXᵉ siècle avec Minor White, dont l’œuvre intègre explicitement méditation zen, introspection et rapport spirituel à la lumière.


Ce courant se poursuit en Europe avec des figures comme Michael Kenna, dont les paysages minimalistes et silencieux dialoguent directement avec les principes esthétiques japonais, ou encore Paul Cupido, qui réinterprète les notions de vide, d’épure et de temporalité dans une perspective contemporaine. J'ai pu aussi évoqué l'histoire du Japon et des photographes comme Rinko Kawauchi, Masao Yamamoto, Daido Moriyama etc... Ainsi que les célèbres galeries spécialisées comme Bildhale ou Ibasho.


ree

Ce néo-japonisme photographique ne relève pas de l’imitation, mais d’une véritable transposition esthétique, où l’Occident s’approprie l’héritage japonais pour renouveler son rapport au paysage, au temps et à la perception.


C’est dans cette lignée que je situe ma propre pratique. J’y développe une photographie contemplative, silencieuse, attentive aux atmosphères et aux instants suspendus : une manière de traduire, dans le langage visuel, un rapport inspiré par la pensée japonaise — ce qui se transforme, ce qui se dérobe, ce qui demeure dans le vide ou dans l’inachevé.


Cette conférence fera l’objet d’une publication bilingue (français / anglais), dont la parution est prévue pour début décembre 2025.

 
 
 

Commentaires


bottom of page